Récupérer son ex : bonne ou mauvaise idée ?

“Récupérer son ex” : des motivations pas toujours conscientes

“Comment récupérer son ex” est une recherche fréquemment tapée sur Google : vous trouverez de nombreux conseils sur le sujet pour vous aider à reconquérir celui/celle qui vient de vous quitter. Un réflexe spontané et à la fois paradoxal lorsque l’on s’accroche à des relations pas toujours satisfaisantes.

Cela dit, pourquoi tient-on tant à vouloir récupérer son ex, quitte à repartir dans des situations médiocres ? Auscultons ensemble les réelles motivations qui se cachent derrière ces manifestations.

 
 

La dépendance affective

Quand récupérer son ex signifie être sous son emprise, il est temps de revoir ses projets de reconquête. La personne qui souffre de dépendance affective ne vit qu’au travers de l’autre. Accro émotionnellement, elle ne peut se maintenir uniquement dans des relations où ses besoins affectifs ne sont jamais satisfaits. Un scénario qui rend les relations malsaines, voire aliénantes. 

Des symptômes perceptibles…

La dépendance affective est une affection psychologique difficile à vivre et ses manifestations complexes à identifier. Le degré de dépendance affective dépend en effet de la fréquence du mal être que la personne ressent lorsqu’elle est seule.

Des symptômes à ne pas minimiser et qui restent à nuancer :

  • Si vous ne vous sentez jamais bien lorsque vous traversez des périodes de solitude passagères
  • Lorsque vous n’éprouvez aucun plaisir à passer du temps avec vous-même, à vous faire du bien
  • Si vous vous ennuyez et êtes sans cesse obnubilé(e) par le souvenir de votre ex
  • Lorsque vous vivez chacune de vos relations à satisfaire exclusivement les besoins de l’autre, au détriment de vos propres aspirations
  • Quand vous vous évertuez à lui plaire à tout prix
  • Si vous cherchez démesurément à vous placer au cœur de toutes ses attentions
  • Lorsque vous avez envie que votre partenaire vous rassure constamment sur ses sentiments

Quand “aimer trop” usurpe votre propre identité, vous êtes probablement en état de dépendance affective. D’où vient alors ce désir constant d’être en couple et d’avoir quelqu’un dans sa vie, au détriment de la qualité de la relation ? A l’origine, une peur profonde, celle de se sentir rejetée, abandonnée par son partenaire.

… reliés au syndrome d’abandon

Les conduites de dépendance affective introduisent une grande fragilité dans une relation amoureuse, une fragilité reliée à des situations mal vécues dès l’enfance. Une situation où les parents n’ont simplement pas appris à l’enfant à se séparer d’eux avec confiance et sérénité.

La séparation n’implique pas forcément un abandon effectif. Qu’il s’agisse d’une mère débordée, d’un père peu présent, de l’arrivée d’un petit frère/d’une petite sœur ou d’un séjour en internat, l’enfant s’est senti rejeté. Quand bien même il s’est habitué à prendre en compte la fatigue de sa mère, les soucis de son père, ou encore le sommeil du petit dernier, dans sa vie d’adulte il persiste à croire que pour être aimé, il doit avant tout satisfaire les besoins des autres. Des besoins prioritaires aux siens. Résultat : inconsciemment, il va faire dépendre sa vie majoritairement du regard des autres.

Vous l’aurez compris, lorsque l’on souffre de dépendance affective l’on va tout orchestrer pour éviter de se sentir rejeté(e) à nouveau. Sauf que la plupart de nos relations amoureuses se soldent paradoxalement par des échecs à répétition, des histoires d’amour qui finissent mal en général. A rejouer indéfiniment le même script inconscient, un scénario inspiré depuis notre enfance, l’on ne peut pas s’engager dans une aventure amoureuse différente, une relation épanouissante. 

Il est temps de prendre soin de vous !

Des croyances limitantes

Quand récupérer son ex conforte nos croyances limitantes, il est temps de s’en affranchir !

Incapacité à vivre seul(e)

Face à la solitude, nous avons une réaction qui consiste à dire que l’on a peur de n’être rien sans l’autre. Cette croyance naît davantage des raisons inconscientes qui déclenchent cette peur, que la peur elle-même. C’est bien notre appréhension, notre perception que nous nous faisons de la solitude qui nous paralyse. Du coup, plutôt que de chercher les bienfaits que la solitude pourrait nous prodiguer, nous nous accrochons à l’autre, au souvenir de l’autre.

La relation antérieure ne convenait pas, et pourtant nous érigeons tous les prétextes mentaux pour nous persuader du contraire : “L’autre semblait nous convenir et nous nous en voulons de le réaliser trop tard. C’est parce que l’on se convainc d’être incapable de vivre seul(e) que l’on projette une image faussement idéale de l’autre en soi : “L’on ne retrouvera jamais quelqu’un d’aussi parfait”, des qualités que singulièrement l’absence de l’autre met en évidence. 

Arrêtons de nourrir nos pensées de contradictions et nos peurs de comportements ambivalents. Récupérer son ex aux seules fins de fuir la solitude n’est pas l’amour. Il est temps de grandir et de nous confronter à nous-même en affrontant nos peurs.

Des habitudes de couple qui empêchent d’avancer

L’idée-même du changement, celle de bousculer nos habitudes, chamboule nos propres repères. Comment spéculer sur l’avenir, seul(e), alors que nous avions pris l’habitude de vivre à deux, de prendre nos décisions à deux, de compter l’un sur l’autre en différentes circonstances ?

Il est vrai aussi qu’en temps de crise, le couple apporte une certaine sécurité. Il est alors perçu comme un cocon protecteur et rassurant, un refuge, ce même besoin de protection que l’on recherche dans la famille.

A force de croire que le couple est l’antidote à tous nos maux, nous avons tendance à nous bercer d’illusions. En effet, récupérer son ex pour rétablir notre zone de confort et ainsi retrouver le doux poids de nos habitudes tend à nous limiter. Rompre avec nos habitudes c’est aussi (ré)apprendre à devenir autonome et à faire ce que l’on ne pouvait pas faire quand on était en couple.

À la question “que vais-je devenir sans lui”, nous pourrions simplement tirer avantage de ce célibat comme une période idéale pour mieux se connaître et apprivoiser nos angoisses.

Perte de confiance – Mauvaise estime de soi

La perspective que le départ de l’autre soit définitif demeure insoutenable. Certaines interrogations s’insurgent laissant place au doute et à la culpabilité : “Pourquoi n’ai-je rien vu venir” ? ; “Si rien ne présageait ce départ, pourquoi m’avoir quitté(e), moi” ?

Chercher des réponses aux questions devient alors un gargarisme puissant car dans ces instants de grand désarroi, il est nécessaire de mettre des mots sur des maux, de désigner un coupable. La culpabilité nous renvoie souvent à nous-même : “S’il/elle m’a quitté(e), c’est bien que c’est de ma faute sinon il/elle ne serait pas parti(e)“. “Qu’est-ce qui ne va pas chez moi” ; etc. ?

Arrêtons de nous flageller ainsi. De telles pensées qui tournent en boucle dans notre tête gangrènent irrémédiablement l’estime que l’on a de soi. Arrêtons de penser que tout est de notre faute. Retenons plutôt ceci : nous sommes responsables de notre vie à 100%. Il est maintenant temps pour nous de passer à autre chose et d’avancer. Vouloir récupérer son ex ne ferait que masquer d’autres peurs qui sommeillent en nous et que la séparation n’a fait que réveiller.

Pour conclure

Si nous ne prêtons pas suffisamment attention à nous-même, nos fragilités, nos peurs et nos croyances finiront par contrôler notre propre vie. Nous risquons par ailleurs de reproduire inconsciemment les mêmes schémas. Prendre de la hauteur, élargir notre champ de vision, nous recentrer sur nous-même peuvent réellement nous conduire à mieux gérer nos séparations.

Posons-nous les bonnes questions. N’est-ce pas la manière dont nous aimons l’autre qui nous conduit immanquablement à mal vivre nos séparations ? Le désir de récupérer son ex naît-il d’un amour véritable ou de notre difficulté à aimer l’autre tel qu’il est ? Considérer celui qui vient de nous quitter comme la panacée à toutes nos souffrances, à toutes nos peurs reviendrait à dire que nous aimions notre partenaire non pas pour ce qu’il était mais pour les carences qu’il comblait”. L’amour est plus altruiste.

Vous seul(e) devez prendre soin de vous.

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