L’amour véritable : le Saint Graal des couples heureux

Les clés de l’amour véritable 

Par opposition à l’amour passion qui nous rend aveugle, l’amour véritable nous rend la vue. Aimer véritablement suppose un apprentissage qui se développe quotidiennement au fil de nos expériences et de nos erreurs. Il requiert cependant quelques prédispositions : comprendre nos besoins, clarifier nos attentes, prendre conscience de nos blocages et savoir communiquer avec notre partenaire. 

Qu'est-ce que l'amour passion ?

Comprendre nos besoins pour mieux clarifier nos attentes

L’équilibre de tout être humain consiste à respecter et à faire respecter ses besoins fondamentaux dans tous les domaines de sa vie. Ces besoins sont ceux que nous cherchons à combler le plus dans une relation. L’amour véritable présume donc de bien comprendre nos besoins afin de préciser nos attentes.

Quels sont nos besoins fondamentaux ?

  • Le besoin de sécurité est notre premier besoin. Traditionnellement, l’homme est là pour nous rassurer. Si nous ne nous sentons pas en sécurité avec lui, nous ne pouvons rien construire. Ce besoin de protection est indispensable dans une relation de couple, notamment pour prendre soin des enfants et de les voir grandir.
  • Le besoin de valorisation est essentiel parce que si nous ne sentons pas reconnu(e), accepté(e), valorisé(e), nous n’existons pas. Dans une relation de couple, cette valorisation s’exprime différemment selon les individus. L’équilibre est atteint lorsque chacun y trouve son compte.
  • Le besoin de contrôler : contrôler et être contrôlé(e) fait également partie de nos grands besoins. Dans une relation de couple, l’équilibre est atteint lorsque chacun son tour peut contrôler quelque chose dans la relation.
  • Le besoin de fusion et de séparation dans le sens où la relation répond au double besoin, un besoin antinomique. Dans une relation, chacun a besoin de se retrouver dans le ventre de sa mère et de pouvoir marcher en s’éloignant d’elle. Une relation répète toujours cette dualité. Une relation équilibrée alterne entre des moments où l’on se retrouve (les moments où l’on fait l’amour peuvent incarner des moments de fusion) et des moments de séparation. 

Ces différents besoins qui sont censés faire que nous puissions vivre sans peur, profiter de la vie et être pleinement heureux ne sont pas toujours satisfaits. Il est important de bien les identifier pour prendre la mesure de nos attentes et réussir à gommer nos frustrations. Car qui dit frustration, dit manque. Qui dit manque, dit besoin de combler ce manque. Une attente imputée à tort à son partenaire.

Prendre conscience de nos blocages

Nos besoins de base doivent être remplis si l’on veut pouvoir satisfaire nos besoins supérieurs. Parmi eux, le besoin d’amour et d’appartenance, d’estime de soi et celui de s’épanouir, se réaliser. Sauf qu’en s’amusant avec nos désirs, notre inconscient brouille les cartes. Un jeu truqué dès l’enfance qui influence notre capacité à aimer. Si à chaque tentative de nouer un lien avec l’autre, c’est la souffrance ou la rupture, inutile d’accuser le mauvais sort. Nos comportements sont bien à l’origine de ces échecs amoureux en cela qu’ils reflètent nos relations avec notre intériorité.

Des blocages pas toujours conscients

Les obstacles qui nous empêchent d’aimer ou d’être aimé(e) sont nombreux. Ils agissent comme de véritables autobloquants : les blessures du passé, les conduites de dépendance, la manie du doute… en sont de parfaites illustrations. Raccrochez à cette liste la nostalgie de l’amour maternel, le besoin infantile de prise en charge, la peur de l’engagement, etc. et les barrières s’alourdissent.  Afin de les surmonter, nous développons toute sorte de comportements paradoxaux, des schémas tellement ancrés dans notre inconscient qu’ils nous maintiennent à l’écart d’une relation épanouissante, de l’amour véritable.

Prenons par exemple le schéma du distant, froid, parfois manipulateur, celui qui se protège de tout pour ne pas souffrir. Prenons celui du dépendant affectif, qui va tout faire pour se faire aimer et tout accepter pour ne jamais se faire quitter. Ces deux comportements traduisent tous les deux le même symptôme : le sentiment d’abandon qui naît le plus souvent pendant l’enfance.

Une prise de conscience gagnante

Bien comprendre qu’une rencontre de couple, c’est toujours une rencontre entre plusieurs névroses (au minimum deux). Une relation de couple a toujours des fonctions thérapeutiques, c’est à dire qu’elle a une capacité à booster la mise en contact avec nos conflits intérieurs. Mais ce n’est ni l’un, ni l’autre qui aide à guérir. Pour guérir, il incombe à chacun de prendre soin de lui-même car le couple n’est pas LE soin. Dans le cas contraire, le couple ne servirait qu’à faire disparaître la douleur (en surface) et non le fond du problème (en profondeur).

Que nos blocages soient reliés à des carences affectives, consécutifs à des blessures du passé, inutile de sur investir la relation. Miser sur l’autre pour compenser, combler vos manques ne ferait que vous éloigner d’un amour véritable. Se rendre compte que si l’on a ce besoin-là, c’est probablement parce que le manque était  présent bien avant. On ne ressent pas un manque parce que la personne ne répond pas à nos besoins. On ressent un manque parce que le vide était déjà ancré bien avant. Pour progresser dans la relation, l’épanouissement passe par la connaissance de soi. Se connaître soi-même, c’est déjà savoir d’où l’on vient pour mieux avancer. Un autre pas pour aller vers l’amour véritable.

La communication dans le couple, gage d’épanouissement

La communication est fondamentale dans le couple. Placée sous le signe de la bienveillance, elle doit pouvoir accueillir les souhaits, les questionnements, les différences au sein du couple. La plus belle richesse que la vie puisse nous offrir (en dehors de la vie elle-même) s’inscrit bien dans nos différences.

Ce sont elles qui vont nous permettre de grandir. Ce sont elles qui vont stimuler notre capacité ou pas à accueillir la tolérance, le respect. Faire partager cette différence est un atout d’enrichissement et de croissance mutuelle. L’autre nous donne de formidables opportunités de grandir là où nous devons progresser.

Mais cet épanouissement suppose que nous restions authentiques dans la relation. On ne se cache pas derrière ses faiblesses, on ne se protège pas de ses peurs, simplement parce que l’on reste soi-même. Le couple doit permettre cette dimension, cette ouverture. La communication permet de maintenir cet environnement qui prédispose chacun à dépasser ses freins, ses blocages, ses pensées limitantes. Les pensées négatives, l’ego sont rabaissés à leur juste place pour créer un espace propice aux découvertes, et aux bonnes choses que l’on a à s’offrir l’un et l’autre.

A partir du moment où vous avez atteint un état d’équilibre intérieur, où vous vous connaissez vraiment, d’une connaissance intérieure profonde, c’est à ce niveau-là que toute l’énergie est disponible pour co-créer avec l’autre. Il y a des personnes qui créent ensemble sur un plan artistique, d’autres qui créent des associations, d’autres encore traduiront cela simplement dans leur manière d’être avec leurs familles. Mais tous vont rayonner quelque chose. Ils ne dépensent plus leur énergie dans des combats, des luttes, etc. mais ils continuent d’apprendre pour avancer, se réaliser.

Que retenir de l’amour véritable ?

L’amour véritable ne s’installe pas dans une relation de dépendance (relation verticale), mais dans une relation horizontale où chaque partenaire reste lui-même. L’amour véritable accepte les différences. Car la réalité dans une relation de couple c’est « en quoi sommes-nous différents » et s’aimer tel que l’on est pour permettre de s’enrichir mutuellement. Le partenaire n’est pas celui qui doit combler nos vides, gommer nos peurs, effacer nos frustrations, soigner nos failles. Ce serait faire porter trop de responsabilités à l’être aimé. Un seul être recèle cette capacité à nous aimer inconditionnellement, c’est notre mère.

En résumé, l’amour véritable s’installe lorsque l’on ne se pose pas de questions. Un couple c’est cela : « ce que je suis » et « ce que tu es » vont se rencontrer et le tout va s’abraser pour explorer de quelle manière deux entités vont se mettre ensemble. Le couple est un moyen pour aller un peu plus vers soi-même dans une croissance mutuelle. C’est une vraie relation à soi qui génère naturellement une relation co créative.

L’amour véritable, vous l’aurez compris, est difficile à atteindre. Il ne se suffit pas à lui-même, il ne naît pas, il se construit. C’est un chemin que l’on trace toute sa vie guidé par le désir de donner et de recevoir. Les obstacles, les blocages sont nombreux, les erreurs faciles à commettre.

Chercher à atteindre l’amour véritable n’équivaudrait-il pas à axer ses envies sur la satisfaction et l’accomplissement futurs ? Le présent, seul, devrait pouvoir remplir l’équation d’apporter le bonheur de vivre ensemble. Et si l’on apprenait tout simplement à être présent à soi-même et à l’autre ? Un autre débat !

 

 

 

 

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